25 Octobre, 2012

Deux élèves de l'école de la deuxième chance témoignent


Rebecca Munier

Formation : 4 mois en alternance

Stage : Ricoh France







Laureen Cassier

Formation : 1 an de formation

Stages : Hôpital Privé de Thiais et CAF de Créteil.




Une petite présentation pour commencer ?


Rebecca : Je viens d’avoir 27 ans et je suis née à Cannes. J’ai grandi là-bas mais j’ai quitté cette ville à l’âge de 20 ans pour m’installer avec mon ami en région Île-de-France. Pour l’instant on vit chez son père à Thiais parce que les loyers sont trop chers. Ceci-dit, on vient d’acheter une petite maison dans le centre de la France où on aimerait s'y installer. 

Laureen : Moi, j’ai 26 ans. Je travaille dans une maison de retraite comme aide-soignante et j’habite à Rungis. J’ai arrêté l’école en 3ème, j’ai aussitôt travaillé dans le domaine de la vente mais j’ai toujours voulu être aide-soignante.


Quel est votre parcours scolaire ?


Rebecca : Chaotique ! Disons que jusqu’en primaire, tout allait bien. Les choses ont changé à partir de la sixième. J’ai intégré un collège privée et j’ai eu de gros soucis familiaux. J’ai développé une phobie sociale et j’ai été déscolarisée en cours d’année. J’ai fini ma sixième au Centre National d’Etude à Distance, suivi d’une cinquième que je n’ai pas terminé. En gros, j’ai été déscolarisée pendant 4 ans. Je suis finalement parti en 3ème insertion mais ça n’avait rien à voir avec l’informatique. J’ai dû travailler à l’âge de 18 ans dans des grandes distribution pour vivre. 

Laureen : Moi, j’ai arrêté l’école en 3ème. Je n’étais pas faite pour une école conventionnelle et j’ai abandonné mon BEP dans la vente car ça ne me plaisait pas.


Comment avez-vous entendu parler de l’école de la deuxième chance ?


Rebecca : J’avais fini par abandonner l’informatique quand j’ai découvert la mission locale. J’ai effectué un Parcours d’Orientation Professionnel et ils ont confirmé que j’avais un profil pour travailler dans l’informatique. Quand j'avais 25 ans, l’école de la deuxième chance a ouvert ses portes à Orly et ma conseillère m’a orienté là-bas.

Laureen : En lisant le Parisien ! Il y avait un article sur l’ouverture de l’école de la deuxième chance à Orly. Je les ai appelé et je me suis rendu là-bas pour assister à une réunion. J’ai passé un entretien et une semaine plus tard, j’étais dans cette école.


Que pensez-vous de l’école ? De sa pédagogie ? De ses formateurs ?


Rebecca : Les formations sont complètement personnalisées. L’école s’adapte à l’individu et comble ses lacunes. Il y a une excellente ambiance entre les élèves et les formateurs sont toujours présents. On prend en considération l’individu, son passé, son vécu, ses intérêts. Cette école est révolutionnaire à mes yeux. J’avais fini par abandonner mon projet de travailler dans l’informatique et l’école a été un véritable tremplin. 

Laureen : Je suis d’accord. C’est plus qu’une école, c’est une famille. C’est grâce à eux qu’aujourd’hui je suis aide-soignante. Tous les formateurs sont très attentifs au développement de chacun. Nous ne sommes pas tous pareil et cette école le comprend bien. Cette école m’a accompagnée du début jusqu’à la fin.  J’ai quitté l’école en février 2011 et je continu à voir les formateurs ! J’ai été dégouttée de l’école classique quand j’ai compris que si on ne suivait pas les cours au même rythme que les autres, on était considéré comme des moins que rien.


Que diriez-vous à un jeune en difficulté dans le système scolaire classique ? Lui conseillez-vous cette école ?


Rebecca : S'il veut vraiment s’en sortir et qu’il a un projet en tête, cette école est faite pour lui. Je lui dirai aussi que le premier stage est vraiment important. Il faut prouver qu’on est capable de se lever le matin et qu’on est motivé.

Laureen : Je lui donne le numéro quand il veut ! Il y a deux semaines d’essais, il ne faut rien lâcher et il sera récompensé. 


Une seconde école de la deuxième chance vient d’ouvrir à Créteil. Qu’en pensez-vous ?


Rebecca : Tant mieux ! Cela prouve que la structure se développe. Elle permettra aux jeunes qui habitent trop loin d’Orly d’avoir la possibilité de faire cette école. Certes, il faudrait que le système éducatif empêche les jeunes de décrocher à l’âge de 16 ans mais il faut surtout leur permettre de reprendre une formation quand ils le souhaitent.

Laureen : C’est une excellente chose. Il devrait y en avoir beaucoup plus ! Je suis sûr que plein de jeunes s’intéresseront à cette école. 


Aujourd’hui, quelle est votre situation ? Des projets ?


Rebecca : J’attends une réponse pour une mission de quatre mois chez Thales à Cannes. Ils veulent faire migrer leur messagerie informatique. Je croise les doigts ! On réfléchit aussi à créer une entreprise dans l’informatique avec mon ami mais ce n’est qu’un projet. Nous attendons d’avoir plus d’expériences.

Laureen : Je travaille comme aide-soignante dans une maison de retraite à Rungis dans le service dédié aux malades atteints d’Alzheimer. Je suis ravi de mon travail et je remercie l'école de m’avoir ouvert ses portes.